L’identité

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Quelle Identité

Le sujet a le sentiment de son individualité (« je suis moi »), de sa singularité (« je suis différent des autres et j’ai telles ou telles caractéristiques ») et d’une continuité dans l’espace et dans le temps (« je suis toujours la même personne »).
Ce sentiment est aussi partagé par les autres. Les autres attendent de chacun qu’il manifeste une certaine cohérence et une certaine constance dans son être, ses attitudes et ses comportements (« je te reconnais bien ») ; une trop grande variabilité à ce niveau est ressentie comme pathologique (inconsistance, fragilité identitaire ou personnalités multiples, …).

Avec l’individu, dans ce que l’on appelle aujourd’hui la modernité, c’est le comportement individualiste qui est proposé, voire imposé. L’individu va devoir s’interroger sur lui-même et donc (re)considérer son identité, son identité personnelle, en particulier. Autrefois, l’individu se référait à l’identité collective : familiale, communauté sociale (sportive, religieuse, …) et son identité passait principalement par le travail : on parle alors de « l’identité professionnelle ».
Aujourd’hui, le salarié devient, consciemment ou non, acteur de ses destins professionnel et personnel. Il va devoir en particulier gérer la limite entre son cercle privé (identité personnelle) et son domaine professionnel (identité professionnelle). Par exemple, dans son domaine professionnel, on va demander à l’individu de s’investir par des sollicitations d’individualisation et simultanément de répondre aussi aux besoins de reconnaissance émis par les autres (la socialisation). Cette position schizophrénique pourra provoquer une grande souffrance chez l’individu.
Pour tenter d’y voir plus clair, je vous propose d’utiliser le concept développé par Claude Dubar pour présenter mon analyse. Cette grille aborde un grand nombre de dimensions de l’individu, que ce soit sa part consciente, sa part non consciente et son environnement, proche ou non, dans lequel il est immergé.

Les identités

Les 3 identités individu

L’identité pour autrui

Cette identité va se construire à travers le collectif avec plusieurs types de lien :
– Les contrats sociaux avec l’aspect socioprofessionnel
– Son niveau d’indépendance et d’autonomie
– Son lien de reconnaissance


L’identité héritée

Le poids du collectif n’est pas seulement extérieur à l’individu (contrats sociaux, …) mais aussi bien caché à l’intérieur de lui-même, dans son inconscient. Ceci rappelle l’archétype proposé par Jung : L’inconscient collectif. Parmi les différentes notions recouvrant l’inconscient collectif, on rencontre tous les aspects inaccessibles à l’individu et qu’il ne peut appréhender, car trop éloignés de lui-même. Parmi les plus proches de lui, on peut tenter de déceler quelques éléments qui vont pouvoir aider l’individu à y voir un peu plus clair sur son passé récent. Une façon d’apprécier cette pression de ce collectif, c’est de regarder du côté des projections que l’on a faites sur autrui et que l’on a fait sur soi, donc aussi ses propres projections.


L’identité visée

Quand « l’identité pour autrui » n’est plus au rendez-vous, c’est « l’identité pour soi » qui est remise en cause et une autre identité, « l’identité visée » doit être élaborée. Sinon, l’identité du sujet peut être menacée, avec même un sentiment de perte totale d’identité : qui suis-je ? Dans la phase de conversion, l’identité visée du sujet est non définie, elle sera précisée en route, chemin faisant.


L’identité pour soi

« L’identité pour soi » est particulièrement complexe à atteindre, car les « identités pour autrui » sont très changeantes et donc l’individu va devoir constamment tenter de s’adapter « à autrui ». La variabilité des scénarios et leur rapidité de modification qui proviennent de son environnement soumettent l’individu à des acrobaties et des « bricolages » permanents.
L’identité n’est ainsi jamais donnée, mais toujours construite et à reconstruire dans une incertitude plus ou moins grande et plus ou moins durable. Cette situation oblige l’individu à être multiple et changeant à l’intérieur de lui-même et il doit sans cesse recoller les morceaux. Il a besoin pour cela de sens, de construire une petite totalité qui a du sens pour lui. Jadis, la totalité était donnée par l’extérieur : totalité collective (le bien, le mal, …). Le sujet va désormais être amené à se définir lui-même, sinon, en particulier, si son identité pour soi est menacée, il risque de se « dissoudre ».

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