Le salarié et l’entreprise : La force du lien

Temps de lecture : 2 minutes

La force du lien entre l’individu et son travail n’est pas contestable. Pour le vérifier, il suffit de voir toutes les vies chahutées des salariés qui perdent leur emploi.
Qu’ils soient Ouvriers Spécialisés ou cadres dans l’industrie ou les services, tous sont logés à la même enseigne. D’où vient cette force du lien ? Tentons d’y apporter quelques éléments de réponses.

Romus et Rémus nourriture dépendance

Le lien est fondé sur une relation de besoins, pour combler un manque. On peut identifier 3 types de manques :
– La privation, que l’on peut associer à l’expression : « je n’ai pas de quoi pour vivre, me nourrir, me loger ». La richesse est apportée par la fonction production, ce qui va répondre à mes besoins matériels. Le champ du réel est concerné.
– La frustration, qui fait référence à l’expression : « personne ne m’aime, je suis menacé dans ma sécurité ». La sécurité est attendue de la fonction protection. Le champ du relationnel est concerné.
– La castration, qui peut correspondre à l’expression : « je ne sais pas qui je suis, d’où je viens ». Ici, la fonction de l’identité permet de se situer dans son existence, dans le temps, dans son avenir. Le plan symbolique est interrogé.
Dans un passé récent (avant le XXᵉ siècle), la production était assurée essentiellement par l’agriculture, la protection par les armées et pour l’avenir, on s’en remettait à la religion.
Aujourd’hui, l’emploi tant recherché doit bien sûr satisfaire les besoins de richesse grâce au travail, permettant ainsi d’obtenir la satisfaction matérielle.
On attend aussi de l’emploi qu’il soit protecteur, qui offre des garanties de la sécurité, à travers le contrat de travail, par exemple.
Plus récemment, on demande à l’entreprise qu’elle offre un projet d’avenir, qu’elle assure le développement de ses salariés, qu’elle leur attribue une identité sociale nouvelle, en lieu et place des relations familiales, de voisinage.
En fait, aujourd’hui, l’entreprise comble à elle seule tous les manques de l’individu. Alors, comment ne pas répondre à ses sirènes, de son besoin de contrôle sur son environnement, y compris sur les individus. L’individu n’est-il pas lui-même en attente, voire à l’origine, de telles réponses venant de l’entreprise pour combler une perte de repère identitaire de la société favorisant l’individualisation ?
Pour en savoir plus :
– Castration, Frustration et Privation. Une lecture du séminaire IV,« La relation d’objet » Par Jean-Jacques GOROG (article)

Partagez sur vos réseaux sociaux :

Twitter
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Autres articles similaires